Danse / Avec "Black lights", la chorégraphe Mathilde Monnier dénonce les violences faites aux femmes dans leur quotidien. Un spectacle éclatant à découvrir aux Subs dans le cadre du festival Transforme.

Puissant : c'est l'un des mots qui viennent à l'esprit après l'heure de représentation de Black lights de Mathilde Monnier. Un « spectacle-série-manifeste » comme le qualifie la chorégraphe afin de mettre des mots et des corps sur ce que subissent les femmes au quotidien – injonctions sexistes, humiliations sournoises, violences insoutenables... Une nouvelle pierre jetée contre le mur du patriarcat, et quelle pierre.

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Sur scène, huit femmes dansent, forcément, mais aussi parlent, dénoncent, combattent...  « Pas besoin de contact physique pour avoir l'impression qu'on vous touche » assure l'une d'elles dans un tableau sur le harcèlement de rue, alors que certaines agressions ne sont pas toujours reconnues comme telles par la société.

24 heures dans la vie d'une femme
La matière première de cette création, ces histoires révoltantes, Mathilde Monnier les a extraites de la série H24 de Valérie Urrea et Nathalie Masduraud (Arte, 2021), composée de 24 courts épisodes et sous-titrée « 24 heures dans la vie d'une femme ». Elle qui aime tant confronter sa danse à d'autres arts a choisi onze des récits pour les porter au plateau ; onze textes d'autrices (Lola Lafon, Alice Zeniter, Blandine Rinke...) que ses danseuses et comédiennes s'approprient grâce à une mise en mouvement qui évite l’écueil de la plate illustration – « le corps est mon sujet, le mouvement est mon objet » écrit la chorégraphe, grand nom de la danse contemporaine française depuis 40 ans.

Avec elle, il se passe quelque chose sur scène – une femme seule, un groupe en mouvement, une confrontation... Avec elle, un vent de révolte souffle, devenant de plus en plus fort et glaçant au fil de la représentation et de l’enchaînement des récits. Et avec elle, une nouvelle fois (beaucoup de spectacles ces dernières années font le même constat amer), on se dit que non, ce n'est plus possible de tolérer de telles situations, de laisser des corps être à ce point asservis, brutalisés, étouffés, meurtris...

Black lights
Aux Subs du mercredi 20 au samedi 23 mars
https://www.petit-bulletin.fr/lyon/article-75455-black-lights-de-mathilde-monnier-ceci-est-nos-corps.html



Par Aurélien Martinez
Publié Lundi 18 mars 2024 - 396 lectures